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Kaolack- Plage de Koundam, cœur battant d’une renaissance urbaine.
Sous le soleil de juillet, la plage Koundam, autrefois coin anonyme de Kaolack, bruisse désormais de rires et de conversations. Des enfants courent vers les jeux colorés en bordure du sable, tandis que des familles s’installent sur des nattes à l’ombre des filaos. Cette métamorphose, impulsée par la mairie sous Serigne Mboup, est devenue le poumon quotidien d’un quartier en renaissance.
« Avant, c’était un endroit abandonné, presque inquiétant après la tombée du jour », confie Fatimata Diop, commerçante depuis vingt ans à proximité. « Aujourd’hui, je ferme ma boutique plus tard parce que la plage est vivante. Mes clients viennent prendre un thé face aux vagues le soir. C’est comme si on avait redonné un cœur à Koundam. »
Les travaux, entamés par la Mairie, ont intégré des accès sécurisés, des zones ombragées et une aire de jeux surveillée. Pour Modou Fall, retraité qui observe la scène depuis les habitations, le changement est profond : « Je viens ici chaque matin. Entendre les enfants jouer dans l’eau, voir des voisins partager le thé… Cela apaise. Avant, les gens restaient chez eux. Maintenant, cette plage nous rassemble comme une grande famille. »
L’affluence, surtout en fin de journée, témoigne de l’adhésion populaire. Adama Ndiaye, mère de trois enfants, le confirme : « Mes petits réclament de venir tous les jours. Ils savent qu’ils peuvent nager librement. Moi, je discute avec d’autres parents sous les arbres. C’est plus qu’un lieu de baignade : c’est un espace où Kaolack se retrouve. »
Si la municipalité évoque une « stratégie globale de valorisation des espaces publics », les habitants y voient surtout du concret. Cheikh Sarr, étudiant, résume : « On avait l’habitude d’aller loin pour se divertir. Maintenant, la plage est notre rendez-vous. Même les jeunes l’ont adoptée : le samedi soir, on s’y rencontre avant d’aller en ville. C’est devenu un symbole. »
Des défis persistent, comme la propreté ou l’éclairage discret, mais l’espoir domine. Coumba Faye, présidente d’une association locale, insiste : « Ce projet a redonné fierté au quartier. Les gens ramassent spontanément les déchets. Quand l’espace public vous respecte, on le respecte en retour. »
La plage Koundam, vitrine des « vacances dorées » promises par la mairie, incarne ainsi une transformation silencieuse : du sable aux rires, elle scelle désormais le quotidien de Kaolack. « Halte aux sceptiques », lance un ancien en souriant : « ici, les résultats se vivent, pas besoin de mots. »